Ali Boumedienne (Bomare) : "pour un cluster des producteurs en électronique"


Publié initialement le lundi 20 mars 2017
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La société productrice de produits blancs de l'électronique juge essentiel de de bâtir un écosystème par l'association de plusieurs opérateurs, avant de développer l'export.


Ali Boumediene Directeur Général de Bomare ccmpany, sous la marque Stream System, explique sa stratégie marketing et les perspectives de son entreprise dans une interview à Algérie-Eco, le portail de l'économie algérienne. Propos recueillis par Sidali Amzal

Algérie-Eco : comment pouvez-vous résumer le parcours de Bomare company ?

Ali Boumedienne : j'ai commencé mon parcours par l'importation et la revente de produits électroniques en 1992, incluant les produits blancs, comme les réfrigérateurs, les climatiseurs, etc. Aprés mon voyage en Corée en 1997, j'ai découvert durant la visite de l'usine de Samsung, le monde de la production et du savoir faire, dés mon retour en Algérie, j'ai décidé de créer ma propre marque, et me pencher sur la production au lieu de l'importation, et déjà à ce moment, je visais l'exportation. Ce qui a été très difficile, ce qui m'a amené durant la négociation avec le partenaire coréen de demander un accompagnement, et d'installer une ligne de production pour former le personnel de Bomare.
C'est ce qui a été fait au départ, ensuite on est passé à une ligne de production automatique avec notre partenaire américain, Universal, en 2005, avec les mêmes conditions de formation, ce qui nous a permis de former nos ingénieurs durant une année.

Nous commençons donc à produire et nous tentons même l'expérience d'exportation en tant que producteur cette fois, en 2007, et on se rend compte que les mécanismes ne sont pas huilés. La lenteur des services portuaires et de douanes nous empêchaient d'honorer nos contrats auprès de nos clients, nous étions donc obligés de mettre le projet en stand by, jusqu'à récemment en 2011 où le gouvernement a introduit de nouvelles mesures incitatives  qui nous permettent de reprendre l'activité de l'exportation. Donc notre souci a toujours été la qualité de nos produits.

Que pensez-vous de l'émergence des clusters et de leur rôle dans l'économie nationale ?

Ali Boumedienne : Les clusters sont très importants, nous sommes membre d'un cluster digital et  numérique depuis juin 2016, et je peux vous dire que l'apport est énorme. Car approcher d'autres entreprises qui font dans l'innovation et la qualité permet d'augmenter le taux d'intégration, et par conséquent renforcer nos atouts en matière d'exportation.
Actuellement nous sommes en phase d'un taux d'intégration à Bomare company de l'ordre de 40 % et c'est du réel, mais ce n'est pas suffisant. C'est précisément à ce niveau, que les clusters prennent toute leur importance, dans le sens où se réunir dans une vision commune et un  objectif commun, mène à plus de résultats. Notre objectif est d'arriver à créer un cluster des producteurs en électronique, et de pouvoir faire des achats groupés, et d'intégrer les composants et la matière première de façon à arriver à être concurrentiel à l'international.

Quelle est votre stratégie ?

Ali Boumedienne : Le plus important avant de faire de l'export, est de bâtir un écosystème, où d'abord le taux d'intégration nécessaire est garanti, et ce par l'association de plusieurs opérateurs, qui peuvent être concurrents sur le marché local mais partenaires à l'export.
Il est important de noter que l'export est un métier à part entière, on ne s'improvise pas exportateur du jour au lendemain. En plus, il faut savoir qu'en matière d'intégration, pour certains composants de nos produits, il peut arriver qu'on sollicite l'intervention d'un producteur étranger, le mieux dans ce cas est d'essayer d'attirer ce producteur à s'implanter ici.
Ensuite le plus important, il faut travailler en interne, c'est-à-dire sur le respect des normes, sur le coût de production et il faut sélectionner des partenaires. Parmi ces derniers, la banque demeure l'un des partenaires indispensables pour l'exportation. Pour nous une entreprise qui se lance dans la production sans l'objectif de l'exportation, est une perte de temps

Pourquoi le volet de la formation prend une telle importance chez Bomare ?

Ali Boumedienne : Parce que c'est la clé de la réussite en production et pour l'exportation. Quand vous avez des ingénieurs qui gèrent la production avec efficacité et compétence, cela se répercute sur la qualité de vos produits et sur le taux d'intégration. Dans ce sens, nous avons conclu un accord avec  notre partenaire américain, pour l'installation d'une unité de production au sein de l'université de Blida, c'est ce qui va se faire au mois de mai prochain, et d'ici 2018 nous aurons des ingénieurs opérationnels, sans avoir à supporter les coûts de la formation. Et ce en plus du fait, que cette expérience servira aux autres producteurs dans le domaine. A titre d'indication, l'industrie automobile inclut prés de 35 % de composants en électronique, c'est vous dire l'importance de cette formation pour les sous-traitants.

Comment voyez-vous l'impact des mesures contenues dans la Loi de finances 2017, sur les entreprises?

Ali Boumedienne : Pour nous ce ne sont que des avantages, qui ont boosté l'économie nationale, c'est tout un gouvernement qui travaille pour réussir cette transition économique. Les premiers résultats sont visibles, on est passé de l'importation pure, en matière d'automobiles, à l'assemblage, et sur ce rythme, avec l'émergence des clusters, qui optimisera la création des PME et consolidera le domaine de la sous-traitance, on se dirige vers la production locale.
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